Chatbot IA : faut-il dire à vos clients que c'est une IA ?

Depuis le 2 août 2026, un chatbot doit se présenter comme une IA. Voici ce que dit la règle, ce qui change pour votre PME et la phrase à afficher.

Yannis
Yannis, fondateur de Mis à jour le 30 octobre 2026
Réparatrice de vélos au comptoir

Oui : depuis le 2 août 2026, une personne qui discute avec un chatbot doit savoir qu'elle parle à une IA et non à un humain. C'est la règle de transparence du règlement européen sur l'IA (l'« AI Act »). Elle pèse d'abord sur l'éditeur de l'outil, mais si votre site, votre standard ou votre messagerie utilise un assistant IA, c'est votre client qui vous écrit. Le plus simple : affichez une phrase claire dès le premier message.

Ce que dit la règle, en clair

L'article 50 de l'AI Act demande que les systèmes d'IA qui dialoguent directement avec des personnes soient conçus pour les informer qu'elles ont affaire à une IA. Vous pouvez lire le texte dans l'article 50 du règlement.

Trois points à retenir :

  • Elle s'applique depuis le 2 août 2026. La Commission européenne le rappelle sur sa page des lignes directrices sur la transparence, publiées le 20 juillet 2026.
  • Une exception existe : pas besoin de prévenir si c'est évident pour une personne raisonnablement informée et attentive. Un bandeau « Assistant virtuel » avec un petit robot dessiné peut suffire. Ne comptez pas là-dessus : une phrase claire vous protège mieux.
  • Elle vise le « fournisseur », défini à l'article 3 comme celui qui développe un système d'IA, ou le fait développer, et le met en service sous son propre nom ou sa propre marque. Celui qui l'utilise dans son activité s'appelle le « déployeur ».

Autrement dit, si vous branchez l'assistant d'un éditeur sur votre site, c'est lui qui doit prévoir l'information. Si vous faites créer un assistant à votre nom, la frontière devient plus floue : mieux vaut agir comme si l'obligation était la vôtre.

Quels outils de votre entreprise sont concernés ?

SituationConcerné ?Que faire
Chatbot sur votre site ou votre page de réservationOuiMention dès le premier message
Assistant sur WhatsApp, Messenger ou InstagramOuiMême phrase, dans le message d'accueil
Assistant vocal qui décroche à votre placeOui, le texte parle de dialogue direct, pas seulement d'écritPhrase d'annonce au début de l'appel
Mail écrit avec l'IA, relu et envoyé par vousNon, l'article 50 ne vise pas ce casRien d'obligatoire
Image réaliste d'une personne ou d'un lieu réel, créée avec l'IAOui, c'est un « deepfake »Mention « image générée par IA »

Un deepfake, au sens du règlement, est une image, un son ou une vidéo créé ou modifié par l'IA, qui montre des personnes, des lieux ou des événements réels et pourrait faire croire à un contenu authentique.

Mettre votre entreprise en règle en 5 étapes

  1. Faites la liste de vos assistants. Site, messageries, téléphone, outil de prise de rendez-vous. Beaucoup de patrons découvrent qu'un outil installé il y a un an contient un assistant activé par défaut.
  2. Posez la question à chaque éditeur. « Votre assistant informe-t-il l'utilisateur qu'il parle à une IA ? Puis-je personnaliser le message ? » Gardez la réponse écrite.
  3. Rédigez la mention. Courte, en français, sans jargon. Exemple : « Bonjour, je suis l'assistant virtuel de la boulangerie Martin. Je suis une IA, pas une personne. Je peux vous renseigner sur les horaires et les commandes. »
  4. Placez-la au bon endroit. Dans le tout premier message, pas dans les mentions légales. Au téléphone, dans les premières secondes.
  5. Prévoyez la sortie vers un humain. Ce n'est pas exigé par l'article 50, mais c'est une bonne pratique : « Pour parler à une personne, écrivez HUMAIN ou appelez le 01 23 45 67 89. »

Un exemple dans une petite entreprise

Un cabinet de kinésithérapie installe un assistant sur son site pour répondre aux questions sur les rendez-vous. Le logiciel de l'éditeur affiche déjà un petit bandeau « Assistant ». La praticienne ajoute une phrase d'ouverture explicite et un lien vers la prise de rendez-vous directe. Elle vérifie aussi, avec l'éditeur, où sont stockées les conversations : une question médicale tapée par un patient est une donnée personnelle. Pour cette partie, lisez notre article sur l'IA et le RGPD.

Même logique pour un artisan qui fait répondre un assistant vocal pendant ses chantiers : l'annonce « Vous êtes en ligne avec l'assistant IA de l'entreprise Durand » coûte dix secondes et évite toute ambiguïté. Pour savoir ce qu'un tel outil peut faire et ne pas faire, voyez notre article sur le standard téléphonique IA.

Et les amendes ?

Le non-respect de l'article 50 peut être sanctionné jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial. Pour les PME, le règlement retient le montant le plus bas des deux, d'après l'article 99. Ce sont des plafonds. Le vrai risque pour une TPE est surtout la confiance : un client qui découvre après coup qu'il parlait à une machine se sent trompé.

Pensez à l'écrire dans votre charte

Cette règle n'est qu'une des règles d'usage de l'IA dans l'entreprise. Notez-la dans votre charte IA : qui a le droit de mettre en place un assistant, qui vérifie la mention, qui répond quand le client demande un humain.

Et YAOKA dans tout ça ?

En formation, l'équipe YAOKA aide dirigeants et salariés à repérer où l'IA parle déjà à leurs clients, à rédiger des mentions claires et à poser les bonnes questions aux éditeurs d'outils. Le travail se fait sur vos cas réels : votre site, votre messagerie, votre téléphone.

Questions fréquentes

Faut-il prévenir un client qu'il parle à un chatbot IA ?

Oui, en principe. Depuis le 2 août 2026, une personne qui échange avec un système d'IA doit être informée qu'elle ne parle pas à un humain. Seule exception : quand c'est évident pour une personne normalement attentive. Dans le doute, affichez la mention.

Qui doit respecter l'obligation : l'éditeur du chatbot ou mon entreprise ?

Le texte met l'obligation sur le « fournisseur », c'est-à-dire celui qui fabrique le système ou le fait fabriquer pour le mettre en service sous son propre nom. Si vous installez l'outil d'un éditeur, demandez-lui comment il remplit cette obligation. Si vous faites développer un assistant à votre nom, vous pouvez être concerné directement.

Dois-je indiquer qu'un mail ou un texte a été écrit avec l'IA ?

Pas pour un mail que vous relisez et envoyez vous-même : l'article 50 vise les systèmes qui dialoguent directement avec une personne. Pour les textes publiés, l'obligation concerne surtout ceux qui informent le public sur des sujets d'intérêt général, et elle tombe quand un humain les a relus et en assume la publication.

Faut-il signaler une image créée avec l'IA ?

Oui si elle montre de façon réaliste des personnes, des lieux ou des événements réels et peut passer pour authentique : c'est ce que le règlement appelle un « deepfake ». Une illustration manifestement artistique ou un visuel de fond est moins concerné, mais une mention ne coûte rien.

Quelle amende risque une petite entreprise ?

Pour ce type de manquement, le règlement prévoit jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial. Pour une PME, c'est le montant le plus bas des deux qui sert de plafond. Ce sont des maximums, pas des montants automatiques.

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